Hier soir après la conférence de Presse , j’ai travaillé avec Chantal Calvel, Betty et Sorel de l’ONG Concern Worldwide en Haiti pour les abstracts à présenter à la conférence mondiale de  Mexico sur le VIH Un abstract porte sur les problèmes rencontrés mais aussi posés par l’emploi de pairs conseillers VIH dans les centres de santé et l’autre sur un programme pédagogique visant à réduire la discrimination pratiquée dans les hôpitaux et les institutions de santé en Haiti par manque de formation, de mises en place de politiques publiques , et de carences dans l’organisation des soins.

Voici les résultats de l’enquête realisée en 2003  par Concern sur la discrimination dans les centres de santé que Chantal m’a envoyée cette nuit

Du coup, j’ai un peu oublié mon livre et j’ai re-traversé les souvenirs de mon arrivée a Port au Prince , de mes fréquents séjours en  en Haiti .. Une question continue de m’occuper : comment expliquer la difficulté qu’ont les personnes vivant avec le VIH en Haiti à se défendre contre une des 7 opinions les plus courantes utilisées à leur encontre en termes de stigmatisation : les Personnes séropositives sont méchantes ! J’ai mis des mois à tenter de comprendre ce que signifiait cette phrase, j’ai interrogé des militants, des anthropologues, des religieux ,des professionnels de santé pour essayer de comprendre ce que signifie l’expression ” etre méchant ” dans la société haitienne et surtout pourquoi cette phrase avait un effet de sidération sur tous mes stagiaires PVVIH mais aussi sur les professionnels de soin. Qu’est ce qu’on signifie à une personne lorsqu’on lui dit qu’elle est méchante ? Pourquoi cette phrase ne produit aucune riposte spontanée ?  Toutes les autres opinions stigmatisantes ont pu être décontruites pièce par pièce, on les a amplifiées, on a joué avec, on les a étudiées en terme de santé publiques, on a pu les reformuler, les clarifier, en démontrer l’ineptie, le danger, les effets contreproductifs en termes de lutte contre le VIH mais aussi en termes de prévention, d’accès au dépistage, au soin, aux traitements mais celle -là résiste au travail habituel conduit sur les représentations . C’est comme si on ne pouvait pas atteindre le noyau des représentations qui la fonde.
Une lectrice de mon blog m’a demandé par rapport à la conférence de presse d’hier de définir les évènements déclencheurs de l’intention d’adhérer à un traitement antirétroviral, les voici:
une personne qui prend son traitement c’est une personne chez qui on retrouve les 5 éléments déclencheurs suivants :
1. Ce traitement est bénéfique pour moi
2.Je suis satisfait de mon médecin
3. je me sens soutenu par mon entourage ou j’ai su me créer un entourage social qui me soutient
4.J’ai le sentiment que je peux contrôler ma vie
5.J’ai des projets .

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