Nous traversons une épidémie qui est privée de mises en récit

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2020

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A la différence de l’épidémie de sida , l’épidémie de la Covid-19 est une épidémie froide sans récits, sans visages.

Elle rappelle en ce sens l’histoire des grands fléaux où les morts sont anonymes, et seulement comptés sous forme de chiffres ,on parle de décès et non de morts et cela ne va pas ! Cela empêche la population de se rendre compte. On pleure et on s’inquiète pour des morts, on les fait siens, et on ne réagit pas de la même manière pas pour des décès anonymes.

Bien sûr on se désole pour des décès mais cela reste rationnel alors que lorsqu’on parle de morts, on pense à des sujets, à des histoires de vie, à des vies, à nos morts à nous, les anciens, les récents donc on partage, on met la mort en partage.

Pour la prévention , pour la réussir , il faut donner “un visage” aux malades de la covid, il faut rendre des hommages aux personnes , il faut les regretter, il faut passer par un processus d’endeuillement collectif ou par petits groupes socio-affectés, sinon c’est trop abstrait !

Ce sont des chiffres et les gens ont besoin de mots qui fassent langage donc sens ! Il faut de l’émotion pour faire de la prévention et pas seulement de la peur , il faut une inquiétude, un peu d’identification, et une preuve de proximité.

C’est insupportable d’égrener des chiffres, une vie cela compte , ce sont des vies qui se sont interrompues, des trajets, des histoires, des amours, des désespoirs, un être que l’on perd ce n’est un chiffre de plus aux informations du soir..les familles endeuillées ont besoin de plus que cela …et la population générale aussi …Surtout entre la Toussaint et Noel , période d’éveil et de réveil intense de nos attachements , et pertes de nos êtres aimés.