Actions et missions réalisées en Afrique 2003-2005

Journal de bord

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20ans dans la lutte contre le SIDA en Afrique

2003

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Dans les années 2000 , des centaines d’entre nous ont été invités en tant qu’experts, à apporter des éléments de réponse à une question de santé publique cruciale : la nécessité d’une couverture thérapeutique mondiale en matière d’infection à VIH/SIDA. Malheureusement, cette évidence thérapeutique se heurtait à un ensemble de réticences économiques, politiques et sociales. C’est la raison pour laquelle il fallait conduire des plaidoyers internationaux. C’est dans ce cadre que j’ai effectué de 2003 à 2005 plusieurs missions d’appui sur le continent africain (Kenya, Congo, Burkina Faso, Togo, Burundi, Cameroun), auxquelles il faut ajouter deux missions au Maroc et une mission au Cambodge. Mes tâches dans ces missions consistaient globalement à former, à conseiller, à aider des organisations humanitaires, des associations, et des professionnels de santé dans le cadre de l’accès universel aux antirétroviraux Ce journal de bord n’aurait jamais vu le jour si on ne m’avait pas confié précisément ces missions-là qui me mobilisaient si intensément que j’avais besoin d’un espace d’écriture intime pour faire face aux sentiments et émotions déclenchées par les situations rencontrées.
«Tu es en dette, ou alors si tu ne peux vraiment pas payer, le corps va être déplacé et enterré aux frais municipaux… Si tu veux ramener le corps au village, il te faut trouver un véhicule parmi tes voisins qui le ramènent de la ville…, mais alors tu ne dois pas dire que ce corps là il a eu le SIDA.»
L’objectif principal était de rendre compte de l’impact sur les populations des projets qu’ils finançaient ou, comme dans le cas du projet sur les orphelins, pour rendre compte de ce que les mères, les grands mères, les familles proches, les communautés, les orphelins eux-mêmes attendaient des pays du Nord auquel en tant qu’expert j’appartiens. Dans mes missions, je me suis aperçue que je faisais souvent des comptes : combien coûte une journée à l’hôpital, une journée à la morgue, l’achat d’un cercueil, un enterrement, un traitement ? En fait, je ne faisais que reprendre la réalité concrète et pratique que chaque personne d’un bout à l’autre de l’Afrique me confiait spontanément. Par exemple, à Douala au Cameroun, le prix d’une journée à la morgue, c’est 5000 FCFA, le prix d’un cercueil «cela va de 40 000 à 500 000 CFA», le prix d’un traitement antiviral, c’est au plus bas 25 000 CFA. À la morgue, l’hôpital en général offre les trois premiers jours. Que se passe-t-il ensuite ?

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