Mes missions sur le continent africain 2003-2005

Depuis quelques années, des centaines d’entre nous sont invités en tant qu’experts, chacune dans son domaine à apporter des éléments de réponse à une question de santé publique cruciale : la nécessité d’une couverture thérapeutique mondiale en matière d’infection à VIH/SIDA.

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Une réponse au Sida en Afrique

Puisque deux de mes missions porteront sur la prévention de la transmission – mère-enfant au Congo – vont se télescoper en permanence dans mon esprit. Parler d’argent, écrire dans mes carnets de mission le soir le coût des choses liées à la vie et à la mort finira par aller de soi. L’argent, les moyens, c’est ce qu’il faut rassembler pour apporter une réponse au SIDA en Afrique.

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Se défendre psychiquement contre l’insupportable

Je ne peux oublier ces regards qui m’ont traversée au cours de ces missions. La pratique d’entretiens individuels, qui utilise des méthodes d’approches nécessitant la mise en place d’un climat d’écoute confidentiel, m’a particulièrement exposée à la rencontre avec le regard de l’autre.
J’ai été troublée, émue, j’ai aussi été obligée parfois de me défendre contre l’insupportable. Mon cœur a été mille fois plus mouillé que mes yeux.

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Entretien avec une grand mère

Lors d’un après midi d’avril 2003, je quitte Douala et me rends vers Sœur Brigitte qui me reçoit dans son petit bureau dans lequel un petit ventilateur tourne sans trop d’efficacité. Sœur Brigitte me reçoit et me met à l’aise comme si on se connaissait depuis toujours. Cette intimité et proximité immédiate est assez typique des relations que nous avons dans la communauté des personnes travaillant dans le VIH. La force de la cause crée des liens.

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Partager ensemble l’album de famille

Cette femme, petit à petit, nous dit ce qui se passe mais aussi ce qu’elle ressent «Je vis très mal parce que je ne dors pas, je n’arrive plus à dormir…Dieu m’a donné la Sœur. Sans la Sœur, je serai morte déjà… Je suis morte un peu…, j’ai perdu mes deux filles qui sont mortes l’une après l’autre de la maladie et qui m’ont laissé 5 garçons de 21, 14, 12, 10 ans, mon dernier petit fils est mort, il avait un an et trois mois.

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Visite de l’orphelinat « main dans la main », Douala

Un samedi matin d’avril 2003, j’effectue une visite à l’orphelinat de Douala qui s’appelle «Main dans la main».
Je suis reçue par la Directrice qui a une formation de sage-femme puéricultrice et qui est à deux ou trois ans de sa retraite. Je lui explique que mon travail consiste à conduire des entretiens avec des personnes touchées, des familles mais aussi des familles d’accueil et des institutions pour évaluer les besoins suscités par la situation des orphelins du SIDA et recueillir un certain nombre de suggestions.

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Jeanne et Ange expliquent ce qu’ils vivent

Le 3 novembre, je reçois à ma demande dans mon groupe de travail sur la mise en place d’un centre de dépistage anonyme et volontaire de l’infection à VIH, deux personnes de Brazzaville qui acceptent de témoigner sur la manière dont ils vivent leur séropositivité et leur maladie au Congo.

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Arrivée pour une formation à Brazzaville

Lorsque j’arrive à Brazzaville, cette fois-ci l’avion est parti et arrivé à l’heure, il y a une voiture de l’OMS qui m’attend et on me présente tellement de gens que je me trompe entre le chauffeur, le porteur de bagages, l’assistant du chauffeur et la personne locale représentant l’OMS.
J’ai peur de faire des gaffes, en moins de quelques minutes, je ne sais plus qui est qui.

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Pointe Noire, Congo

Je suis à Pointe Noire au Congo au milieu des sage-femmes et des conseillères qui accompagnent les femmes qui sont dans le programme de prévention de transmission du VIH de la mère à l’enfant.
Ces femmes doivent renoncer à l’allaitement maternel si elles le peuvent et les
conseillères m’expliquent que c’est difficile pour une femme africaine d’expliquer à son mari et à sa famille et belle-famille pourquoi elle ne peut allaiter son enfant.

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Mission Kenya

Le mois d’août tire à sa fin en France. Il se termine pour moi par une mission au Kenya où il s’agit d’évaluer les besoins des communautés touchées par le VIH et de mettre en place des réponses et des mini-structures visant à aider les personnes infectées à s’organiser, dans la riposte au SIDA, dans un pays où faire une manifestation sur le SIDA est passible d’emprisonnement.

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Région Homa Bay

On se retrouve un matin à 40 km de la frontière Ougandaise, la police des frontières est partout. Régulièrement nous devons nous arrêter car au milieu de la route il y a des barrages faits de fil de fer coupe -pneus. Notre chauffeur nous explique qu’il y a une grosse demande d’immigration des ougandais au Kenya et que la police essaie de réduire l’immigration clandestine.

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Burundi… discussion sur les choix des bailleurs de fonds

J’ai eu la chance d’effectuer trois missions avec Maryline Rébillon et Lennize Pereira-Paulo pour évaluer le travail de 11 associations en Afrique.
Cette mission était commanditée par Ensemble contre le SIDA qui voulait bénéficier d’un regard extérieur pour faire le point sur les actions que cette association soutien.

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Rapport d’évaluation sur l’impact des associations VIH dans les pays à ressources limitées

Ensemble Contre le Sida (ECS) a pour objectif général d’aider les associations à développer et à optimiser la réponse communautaire dans la lutte contre le VIH/Sida dans les pays à ressources limitées.
Il s’agit pour Ensemble Contre le Sida de permettre aux associations qu’elle
finance de renforcer leurs capacités, d’étendre leurs services, d’améliorer la
qualité de leurs prestations en direction de leurs bénéficiaires et de les aider à se doter d’outils d’auto-évaluation et d’autonomisation.

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Enrichir son experience de chercheur au contact du terrain

Cet article propose d’étudier les différents types d’effets occasionnés par la conduite d’une recherche menée auprès de sujets en situation d’extrême vulnérabilité et engagés dans un programme d’accompagnement et d’éducation au soin. Dans la mesure où
l’interaction avec le « terrain » n’est jamais une expérience anodine pour le chercheur, nous aborderons dans cette contribution les transformations occasionnées par la rencontre de sujets vulnérables biologiquement et socialement dans un contexte de haute incertitude sanitaire et économique.

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