Dois-je décider d’obéir ou désobéir ?

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Mes épreuves et apprentissages

1963

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Un problème récurrent va occuper plusieurs de mes soirées : dois-je décider d’obéir ou dois-je décider de désobéir et quelles sont les règles auxquelles je peux désobéir ? Cela veut dire quoi obéir quand on a sept ans ? Cela veut dire manger ce qu’on nous sert à table, aller se coucher quand on nous l’ordonne, faire ce qu’on nous demande. Les mots employés sont : fais ceci , ne fais pas cela, arrêtes de sucer ton pouce, ne cours pas, tais-toi, tiens toi droite, ne reprends pas deux fois du même plat, écoutes ce qu’on te dit, ne réponds pas, ne sors pas, ne te lèves pas de table tout pendant qu’on ne te l’a pas dit, ne joues pas avec la fille de la ferme, ne bouges pas, restes tranquille, ne ries pas trop fort, ne te plains pas, dis merci, merci qui ? Ne nous parles pas comme à un chien, tiens-toi tranquille, réponds et regarde-nous quand on te parle, bref obéir c’est être bloquée dans un espace où ce sont les adultes qui en organisent les règles l’organisation, les rythmes.
Obéir à mes parents m’était très pénible, car je n’en avais pas les avantages, c’est-à-dire les câlins, les encouragements, les félicitations, la tendresse et l’amour. En même temps leur désobéir était très dangereux car c’était m’exposer à leur violence et c’était aussi répondre à leur désir caché en leur donnant des raisons qui pourraient justifier le rejet et l’aversion qu’ils éprouvaient à mon égard. Je ne voulais pas qu’ils en arrivent à se dire : regardes cette petite fille est odieuse, on a bien raison de la détester ! Je vais donc leur obéir et pour qu’ils ne disposent d’aucun angle d’attaque à mon égard, je vais mécaniquement et intentionnellement leur obéir tout en continuant à penser ce que je veux et comme je veux dans ma tête. Il va falloir que je sache ruser avec la réalité quotidienne. Je vais jouer à obéir à mes parents sans broncher, d’abord pour être tranquille et ensuite pour pouvoir progresser dans mon développement. J’ai tellement hâte d’être grande je sais que quand je serai grande, je serai libre et heureuse et que je ferai ce que je veux !
Je découvris que ma mère avait des priorités au sujet de mon obéissance, je devais ne pas trop bouger, ne pas parler de ma nourrice, ne pas argumenter, ne pas répondre et ne rien demander à personne. En fait il fallait se faire oublier car mon grand frère et moi nous étions les deux pièces rapportées qui étaient de trop, on gâchait le paysage de ce couple, on était deux tâches, sauf que moi il n’était pas question de céder sur ce point. Je savais que j’étais une personne et que j’étais une petite fille qui avait le droit d’avoir une vie de petite fille, je le sentais au fond de moi.

Ma mère avait tort, elle se trompait, elle faisait une erreur. Tant pis j’allais faire mine d’obéir pour avancer ! Des fois des forces surgissaient en moi de nulle part et je faisais de grosses bêtises comme jouer avec les allumettes un peu trop . J’étais tellement fascinée par les flammes qui montaient dans le préau que je ne me rendais pas compte qu’un mini-incendie se déclarait , rien de grave bien entendu, mais assez pour être punie sévèrement… Normal, je savais que c’était une bêtise, je n’argumentais pas, je me faisais toute petite . Bon, je décidais de ne plus jouer avec des allumettes, dommage, j’aimais bien cela !

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