Arrivée pour une formation à Brazzaville

Journal de bord

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20ans dans la lutte contre le SIDA en Afrique

2003

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Lorsque j’arrive à Brazzaville, cette fois-ci l’avion est parti et arrivé à l’heure, il y a une voiture de l’OMS qui m’attend et on me présente tellement de gens que je me trompe entre le chauffeur, le porteur de bagages, l’assistant du chauffeur et la personne locale représentant l’OMS. J’ai peur de faire des gaffes, en moins de quelques minutes, je ne sais plus qui est qui. C’est assez fréquent dans les missions, il y a tellement de personnes qui nous prennent en charge à notre arrivée que nous risquons toujours de faire des erreurs diplomatiques.

Nous partons pour l’hôtel et très rapidement je me retrouve seule dans ma chambre. J’ai compris que je commençais à travailler le lendemain matin à 8 heures mais je ne sais pas vraiment où, avec qui, avec combien de personnes, et dans quelles conditions. Je suis donc là dans ma chambre, épuisée par le voyage à classer mes documents et regarder le programme que j’ai construit.

La mission a été validée à partir d’un programme officiel et précis mais entre temps les responsables locaux ont modifié les recrutements des personnes et m’ont fait part d’attentes différentes par rapport au programme conçu et écrit au cours du mois d’août précédent. C’est très important d’avoir plusieurs programmes et plein d’options possibles de changement, une part du travail du consultant ou de l’expert consiste dans l’exercice d’une compétence clef : l’adaptation !!!
Comme le disent souvent mes stagiaires en riant : «il faut s’adapter !»

Ce premier matin de formation, il pleut à verse, et tout à coup le courant disparaît, il fait sombre, le ciel est noir, on ne peut plus travailler alors qu’on vient à peine de commencer, la pluie bat si fort contre les fenêtres qu’on ne s’entend plus parler.

La rencontre avec mes stagiaires a éclaté en mille morceaux, nous voici immobilisés pendant une dizaine de minutes. Les stagiaires se précipitent vers les prises électriques pour retirer leurs téléphones portables qu’ils avaient mis à recharger, ils ont peur d’un court circuit.

Comme je l’ai appris au cours de mes missions, beaucoup de personnes ont des téléphones portables mais ne disposent pas d’électricité à leur domicile bien encore comme c’est le cas à Pointe-Noire, l’électricité est souvent coupée environ un mois avant Noël. Les coupures d’électricité rendent le travail des femmes difficile, elles ne peuvent faire aucune course d’avance, elles doivent passer au marché deux fois par jour car rien ne se garde en dehors du frigidaire, il faut acheter de la viande ou du poisson séché.

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